Danny the dog
Par jean-philippe gaulier le jeudi, février 10 2005, 23:17 - Cinéma - Lien permanent
Cela faisait quinze jours sans ciné, le dernier s'était ébahi devant le château ambulant. Là, une petite toile, pour fêter le retour de la santé, pour espérer garder du temps tout en regardant un film... Bref, le plaisir de la toile, du son et des sièges. On évitera bien sûr de parler des gens qui tout comme vous viennent au cinéma, mais eux on se demande pourquoi. Peut être n'ont ils pas le loisir de parler à table chez eux. Bref, je m'égare.
Alors danny the dog, j'en avais entendu beaucoup de bien, ça n'en restera pas moins un petit film. Produit par Besson, il reste une petite frappe, malheureusement, même si le scénario se veut un peu plus original que d'habitude, on s'attend, on se regarde, on croît à l'amourette parce qu'il n'y a que cela à faire. C'est certain, je n'irai pas me frotter à Jet Li, mais il a tout de même fait mieux. Par contre, je lui reconnais une chose, c'est que je n'arrive jamais à lui donner d'âge et que lui au moins, il fait plusieurs films par an. Enfin, pour le plaisir de voir morgan freeman avec les cheveux court et un rôle d'aveugle, cela vaut peut être le coup de payer huit euros.
Avis mitigé donc, préférer un bon théatre ou si la toile vous démange, allez y le matin, c'est tarif réduit.
Commentaires
Quoi qu'il en soit, la BO -composée par Massive Attack- est très planante et ce même sans avoir vu le film...
Très mitigé, aussi ;-)
Un scénario de Luc Besson à la fois original et prévisible, voire simpliste. Lidée de départ dimaginer un homme comme un chien de combat est tout à fait alléchante. Cet homme-chien aurait pu connaître une riche destinée scénaristique comme ce fut le cas pour un homme-éléphant. Rien que dans cette idée de bestialité de lhumain, il y avait largement de quoi proposer un chef-duvre. Mais Besson nest pas Lynch. Il va proposer un produit complètement formaté, aveuglé par les lumières du box-office.
On reconnaît la patte de Besson, avec le monstre qui shumanise en rencontrant un pygmalion. Il nous avait déjà servi cette recette avec « Leon » et « Nikita ». Dans « Danny the dog », il va doubler les pygmalions, lun monstre blanc sanguinaire interprété par Bob Hoskins, lautre, ange noir et aveugle au grand coeur, joué par Morgan Freeman, proposant ainsi une dualité manichéenne relativement simpliste que Besson aurait dû offrir aux studios Disney. Il faut saluer tout le travail sur le jeu de couleur de Besson, qui avec du blanc, du noir et du jaune, nétait pas loin de créer un arc-en-ciel.
On pense à « Dressé pour tuer » de Samuel Fuller, dont le héros est un chien blanc, dressé pour attaquer les noirs et quon tente de déprogrammer. « Danny the dog » en est quelque part une adaptation, où lon remplace le chien par Jet Li, mais avec une portée universelle et humaniste bien moins conséquente.
Derrière la caméra, Louis Leterrier qui possède un vrai sens de la mise en scène, propose une bonne rythmique et des cadrages judicieux. Techniquement, on comprend pourquoi Besson la choisi car il lui ressemble comme deux gouttes deau à la mise en scène, surtout quil est aussi difficile de trouver de bons techniciens en France que d'extraire de leau du désert Kalahari. Une mise en scène efficace, avec ces fautes de goûts que lon connaît bien en France : Leterrier a réussi à incruster une femme à poil en plein milieu dun combat !!!
Pour les séquences de combat, on a invité Yuen Wo Ping à la table, lhomme qui a réussi le pari impossible de faire croire que Keanu Reeves ou Uma Thurman pouvaient ressembler à des combattants, lun dans « Matrix », lautre dans « Kill Bill ». Il propose une chorégraphie de combat impeccable, allant même parfois jusquà lexercice de style avec par exemple une baston dantesque dans une toilette microscopique.
Les acteurs constituent le meilleur du spectacle, avec Bob Hoskins quon est content de retrouver dans un rôle à sa mesure et qui en profite pour rappeler à tout le monde quil est un grand acteur. Morgan Freeman, charismatique à souhait qui joue la comédie comme dautres respirent. Et puis Jet Li, formidable et méconnaissable, qui offre une palette nouvelle de jeu, vraiment émouvant en petit garçon tombé du nid.