Vol et licence globale.

Je m'étais pourtant assuré que je resterai tranquille et loin de toute la tracasserie du net sur la loi Internet et Création, mais à chaque touriste qui passe, il est nécessaire qu'un internaute, soit-il inconnu s'élève contre le vent d'absurdité qui passe sur la France. En gros, retour à la licence globale optionnelle. Merci, la boucle est bouclée.

Il y a quelques années, une espèce de rousse inconnue se mettait à chanter, affublée du pseudonyme Larusso. Soit, à chacun de choisir son sobriquet et à cela, je ne dirai rien, je ne parlerai pas de la musique produite ou chantée, on dira que ça ne rentre simplement pas dans mes critères. Bon, il faut dire que la jeunesse semble se passer le mot : "les gens qui téléchargent sont des voleurs", ce à quoi j'ajouterai que ceux qui produisent de l'ivraie culturelle sont des assassins. Oui, des assassins de la culture. si, si, j'assume. Mais nous sommes entre gens de bonnes compagnie, nous savons que ces choses n'existent pas, qu'il n'y a que de la cuisine de marque. Alors, tout comme le montre Tristan Nitot qui vient de voler la Joconde, le vol numérique en tant que tel, c'est à dire exprimé par la ministre de la culture ou les artistes eux-même, cependant, ce n'est pas du vol selon la loi. Et comme le dit si bien le dicton, la loi est dure, mais c'est la loi. Dire à qui veut l'entendre que télécharger sans redevance payer une œuvre non gratuite est du vol, c'est un mensonge. Le terme approprié, c'est contrefaçon. C'est d'ailleurs quelqu'un de super calé en droit qui nous le rappelle. Et je dis bien et emploie à bon escient "rappelle". Pourquoi ? Parce qu'on l'a toujours su. Télécharger, ce n'est pas du vol, mais de la contre-façon. Et qui deal de la contre-façon ? Un receleur. vous pourrez donc être accusé d'abus de recel si vous téléchargez une œuvre contre-faîte (art L122-5-2° et L211-3 du code de la propriété intellectuelle). M'enfin, jusque là, rien de nouveau. Pourquoi ? Parce que figurez-vous que j'en parlais il y a déjà plus de trois ans ! J'écrivais alors une lettre ouverte à Denis Olivenne, alors patron de la FNAC pour lui signifier qu'il se trompait sur beaucoup de choses.

Lorsque je télécharge un album musical ou film (que l'exécutif se rassure, je ne le fais pas), je ne prive pas quelqu'un de sa copie, je fais une duplication. Alors, où est le crime, où le bas blesse ? Et bien tout un tas de personnes qui gagnent de l'argent dans l'état actuel de la distribution ne pourraient plus en gagner autant. Enfin, du moins, c'est mon point de vue.

En parlant de gens qui gagnent un peu plus que moi tous les mois, je pense que la Licence Globale Optionnelle revient à grand pas. Comment le savoir ? Alors qu'on n'en parle plus beaucoup, un de ses plus grand détracteurs fait feu de mille flèches sur le sujet : Pascal Nègre veut nous convaincre que la licence globale coûte 40 euros par personne ET PAR MOIS. Bon, je ne sais pas d'où viennent ces chiffres, mais moi, j'en suis à 6 ou 7 euros par personne. En France, il y a 17 millions d'abonnés à l'ADSL. Pour monsieur Nègre, ça ferait 680 000 000 d'euros par MOIS (soit 8 160 000 000 d'euros par an, juste pour la musique...), vu par moi, ça ferait uniquement 119 000 000 euros par mois. Cette licence n'empêche bien sûr pas les particuliers d'acheter des cd, des dvd, des blue-ray, des jeux vidéo, d'aller au cinéma, d'acheter de la musique pour leur téléphone portable, des sonneries, de bande dessinées, de livres. En gros, on rend légal le téléchargement de musique (et monsieur Nègre ne parle pas de cinéma, juste de musique), on oblige tous les internautes à cotiser pour cette licence, une espèce de taxe de bonnes mœurs, et l'on reverse directement cela aux ayant droits. Non mais, de qui se moque t-on ? Comment devenir encore plus riche en n'en foutant pas une rame ?

Prenons exemple sur les artistes qui essayent de s'adapter. Je pense entre autre à Camille qui a mis à disposition pendant une semaine l'intégralité de son spectacle gratuitement sur le net (et honnêtement, c'est de la bombe). Cela m'a t-il empêché d'aller voir son spectacle ? Non ! Cela m'empêche t-il d'acheter des CDs ? Non. Je pense encore à ce groupe de rock ultra connu, radiohead, qui a mis à disposition son dernier album et où chaque utilisateur donnait ce qu'il voulait ? Résultat, l'album s'est vendu en moyenne à 5 euros, pour dix millions de recettes, et ce, sans intermédiaire. Je suis prêt à parier qu'ils ont même fait du bénéfice. C'est cela quand on évite les différents maillons d'une chaîne qui ne sert plus, depuis longtemps, à grand chose.

Avant de vous quitter, je ne peux m'empêcher de me gausser de la déculotter que prend l'IFPI au procès de The Pirate Bay. Un résumé est disponible sur Numérama. Je rappelle également, si besoin en était, que la position adoptée par le président de la république et la ministre de la culture associée quant à la coupure du net chez l'abonné qui téléchargerait des œuvres contrefaites est condamnée par la cour européenne des droits de l'homme, la cnil, un certain nombre de FAI, et bien d'autres institutions. Notons aussi que la Norvège pourrait proposer la mise en place de la licence globale.

On pourrait continuer longtemps, mais pour ce soir, it's enough :)

Commentaires

1. Le mercredi, février 25 2009, 08:42 par Tristan

Très bon billet ! (et oui, moi aussi je m'étais promis de ne plus rempiler après DADVSI, les brevets logiciels, etc.)

2. Le mercredi, février 25 2009, 09:48 par Nico

Excellent billet, très bien argumenté. Je vais me faire un plaisir de le pirater... non, de faire un lien depuis mon site ! ;)

3. Le jeudi, février 26 2009, 13:21 par Cinquante

Tu peux prendre aussi en exemple Nin Inch Nails, qui lui a mis sous dernière album sous cc et qui est arrivé en tête des ventes amazon