mardi, février 14 2012

Mouse and sea fruit

Un an. Trois cent soixante cinq jours. Huit mille sept cent soixante heures. Et quelques minutes. La vie est un paysage étrange et incohérent. On cherche, on se croise. On s'en va, on revient. On attend, on trépigne. On jette l'éponge et on revient. On s'interroge, on s'attend, on s'écoute. On parlemente, on se fâche, on revient. On s'écoute, on s'excuse, on s'attend, on s'entend. Et des fois, même, on ne se comprend pas. Mais, car comme dans toutes les bonnes histoires, il y a un mais. Un élément perturbateur, comme dans tout bon Disney. Quelque chose qui change un petit peu l'histoire. Pas de beaucoup, mais ce battement d'aile de papillon au Japon qui transforme votre belle plage de Californie en bouillon humide.

Un an sans billet, c'est long. On n'existe plus. On peut considérer même que l'information n'a jamais existé. À l'heure où l'information circule à la seconde, où un bon mot ne dépasse pas 140 caractères. Et pourtant, et pourtant. Non, je ne suis pas mort, non je ne me suis pas éteint, non je n'ai pas perdu ma foi. Mon arrivée à Paris a bousculé mes habitudes. Il a fallut retrouver des marques, des connaissances, des occupations. Comprendre, écouter, interpréter. Et puis, comme souvent, ma vie s'est emballée. Et puis, comme souvent, il faut du temps pour que les choses s'apaisent, que la vie reprenne son rythme régulier.

Quelques petites notes de musique. C'est sur cet événement sans réelle incidence que ma vie a basculée il y a quelques mois. Un intérêt commun, une capacité à se créer, à s'amuser, à échanger. Et de haut en bas, de droite et de gauche, voilà une heure transformée en une minute. Une minute en une seconde ; une seconde qui semble être des jours.

Cette illusion que l'on croit à jamais perdue, que l'on a cherché, que l'on a voulu simuler, cette illusion revient. Et elle transforme la pomme en agréable sommeil, voulu, désiré, attendu, partagé. Et d'une valse, d'une pantoufle en verre, c'est la belle et la bête qui valsent à travers les âges, riant comme des enfants, insouciants, heureux de s'être enfin retrouvé.

Je mets donc mon whisky au rencard pour cette année et vais aller sucer les glaçons en belle et bonne compagnie.

Ma chère valentine, je t'aime.

samedi, août 2 2008

Et l'Université, alors ?

Laurent Bloch, pour qui j'ai le plus grand respect, a écrit pendant ce dernier mois, un certain nombre de billets quant à sa nouvelle fonction de DSI à l'Université Dauphine. Cela n'est pas sans faire écho chez moi de nombreuses réflexions dûes à mon ancien poste d'assistant Ingénieur au sein de l'Université de Limoges. Ayant vécu pendant trois ans cette situation, je peux me targuer d'avoir un peu plus de recul sur le vécu intérieur, même si Laurent a, quant à lui, beaucoup plus d'expérience que moi dans notre domaine.

Ce qui est regrettable, en université, si ce n'est des castes dont je ne parlerai même pas, c'est la centralisation et la décentralisation, le tout dans un instantanée. En gros, il semble que la révolution culturelle de 1968 soit restée dans les mœurs et qu'il soit interdit d'interdire, qu'on ne puisse mener une réflexion à terme que si tout le monde est unanimement du même avis. Difficile dans ces conditions d'avancer de manière sereine et intelligente. Le bien commun étant souvent l'ennemi de l'évolution, mais l'épouse du statu quo.

Je me souviens, avec tendresse, de l'année où Blaster est sorti. Premier vers, à mon sens, intéressant, qui s'attaquait à notre ami windows XP. La faille est révélée, deux semaines plus tard, un exploit est fonctionnel. Il ne reste plus qu'à attendre quinze jours pour voir un vers s'emparer du pactole. La réaction de mon supérieur technique, à cette époque, celui-là même qui ne savait pas détarer un paquet en ligne de commande ou qui tapait à deux doigts et qui croyait encore que windows était un système d'exploitation, m'avait ordonné de mettre l'affaire sous silence pour ne surtout pas affoler la population de mes collègues. À la rentrée, nous avons donc fait un déverminage en bonne et due forme.

L'autre affaire sympathique se résume au crédit dont chaque laboratoire dispose. Pour une année donnée, on vous octroie une somme. Si cette somme s'avère ne pas être dépensée, non seulement on vous reprend le surplus, mais l'année d'après, vous aurez moins de crédit. C'est un traitement intelligent, n'est-ce pas ? De ce fait, j'ai vu fleurir des imprimantes laser couleur, des caméras IP, sans qu'il n'y ait de réel besoin, tout cela afin de garder les crédits qui seraient royalement octroyés l'année suivante. On parle souvent de déficit, j'aurai plutôt tendance à visualiser une gestion hors du temps.

Pour finir, je ne parlerai pas des passe-droits, de promotions douteuses, de grilles de salaire improbables, ni de l'armée mexicaine d'une vingtaine de personnes là où la moitié suffisent amplement. Je ne parlerai pas non plus de pressions irrespectueuse d'hommes envers leurs collègues ou de réflexions à des subordonnés que la politesse même ne pourrait tolérer.

Non, au lieu de cela, je vous dirai que je garde un très bon souvenir de ma période de travail à l'université, j'y ai passé du bon temps, découvert quelques gens intéressants (mais aussi de vrais salauds), qu'il y a la possibilité d'amener d'extraordinaires changements, mais que cela passera par une meilleure gestion des ressources humaines, qu'il faut une vraie gestion de carrière, un turn-over plus important (quoi, un poste à vie, ce n'est pas une promotion ?) et un peu de confrontation avec la production en entreprise privée.

Je dédie ce billet à Laurent, qui a su me l'inspirer, mais également à tous mes collègues qui me lisent, et qui se reconnaîtrons, d'un côté ou de l'autre de la barrière :) (Pour Régis, PP et Pierre, je ne me fais pas de soucis, hihi !)